Honeymoon in Manali

First Steps, April 2008, Manali, Himachal Pradesh, India


Dans le nord de l'Inde, au nord de la vallée de Kullu, se trouve la petite ville de Manali.
Station de montagne réputée pour son fameux temple d'Hadimba notamment, elle est devenue aujourd'hui une destination de choix pour les touristes.

Cette charmante cité possède également la particularité d'être une étape incontournable dans le parcours des jeunes couples en lune de miel. Son climat frais au printemps et en été ne manque pas d'attirer les amoureux en voyage.

Lors de notre court séjour là-bas, nous nous retrouvons entourés de jeunes hommes et de jeunes femmes, le plus souvent issus de familles aisées, qui n'hésitent pas à s'afficher ensemble. Je le remarque car, d'après ce que j'ai pu constater, ce n'est pas si courant. Les couples entrent rarement en contact physiquement dans la rue, les gestes sont souvent retenus... même si bien sûr, les choses évoluent dans les grandes villes, sous l'influence des jeunes générations.

Ici, c'est différent.

C'est le cas de ce couple que j'ai photographié à son insu.
Pourquoi lui ?
Sans doute parce qu'il émanait d'eux une vraie complicité, un lien fort semblait les unir.
Sur la photo, on voit que le jeune homme s'affaire. En réalité, je crois me souvenir qu'il montre une photo à sa compagne.
J'ai bien aimé la pose de celle-ci : drapée dans son saree et pleine de retenue, elle ressemble à une statue. Par contraste, il émane de ses yeux baissées et son sourire une grande douceur

Slumdog Millionaire - 2

Running Latika, Slumdog Millionaire, 2008



Ca y est !
J'ai enfin vu ce film - déjà phénomène - récompensé à multiples reprises dans de nombreux festivals à travers le monde.

Il est intéressant de constater, d'ailleurs, que Slumdog Millionaire a rencontré dans l'ensemble, un succès critique et populaire assez net en Occident comme en Inde, ce qui constituait un pari délicat à gagner.
D'autant plus délicat que c'est un anglais qui porte à l'écran ce roman de l'écrivain et diplomate indien Vikas Swarup.

Malgré des problèmes de rythme, de construction et de cohérence (certaines scènes se répètent ou s'étirent, on regrette d'autres passages traités de façon trop elliptique...), il faut bien reconnaître à ce film une réelle fraîcheur, directement liée à l'enthousiasme dont fait preuve Danny Boyle pour son sujet.

On sent qu'il s'est réellement laissé porté par le rythme de l'Inde et de Mumbaï en particulier. A travers son regard, on perçoit en permanence celui du voyageur occidental plongé dans la découverte d'un nouvel univers.

C'est sans doute là que le film pèche : en voulant montrer, en l'espace de deux petites heures, l'Inde toute entière, dans ses paradoxes et sa complexité, on a parfois l'impression d'être pris en otage par certains clichés battus et rebattus au sujet de l'Inde : misère, règlements de comptes entre musulmans et hindous, enfants mutilés et prostitués, délinquance puis banditisme...

Néanmoins, on ne peut que saluer l'effort louable de réunir Inde et Occident le temps d'un film. La durée du film elle-même est emblématique de cette volonté : atteindre la "barre fatidique" des 2 heures, c'est se rapprocher des formats "bollywood", tout en épargnant le public occidental, davantage habitué à des projections standard d'1h30/ 1h40.
De même, bien que la seconde partie du film laisse la part belle à l'anglais, quel plaisir d'entendre des dialogues en Hindi! C'est trop rare pour ne pas l'apprécier à sa juste valeur...

Mais le film doit également beaucoup à son casting, plutôt réussi. Outre le plaisir de retrouver l'excellent Anil Kapoor dans une production étrangère, le jeune Dev Patel se montre tout à fait convaincant dans le rôle de Jamal, à qui il prête toute sa candeur. Sans parler des jeunes acteurs qui incarnent les héros enfants, qui sont plus qu'ils ne jouent. On regrette cependant le manque d'envergure du personnage de Latika, qui ne parvient pas vraiment à percer derrière les traits lisses et doux de Freida Pinto.

Mention spéciale, pour finir, à la B.O. , qui porte largement le film et lui confère une belle énergie. Là aussi, on souligne le choix assumé de promouvoir des artistes anglais d'origine indienne ; si le compositeur n'est autre que le talentueux A.R.Rahman (il a composé entre autres la B.O. d'Elizabeth, l'Âge d'Or, fresque historique de Shekhar Kapur), on y retrouve avec plaisir quelques morceaux de M.I.A., qui avait fait sensation en 2003 avec son single Galang.


En somme, je ne peux que vous conseiller d'aller voir ce film qui, au-delà d'une certaine superficialité , est doté d'une sincérité indéniable, sans doute sa plus grande qualité.

Waiting ...

Waiting for the Bus, May 2008, Mac Leod Ganj, Himachal Pradesh, India


La découverte de l'Inde aura, pour moi, été marquée par l'attente.

Attendre un bus, un train,
attendre le shopkeeper qui farfouille dans son magasin pour dégotter la minuscule fiole d'extrait de vanille qu'on vient de lui demander,
attendre que le tailleur transforme deux pièces de tissu en un superbe salwar-kameez
attendre le tchaï en papotant avec un autre shopkeeper
attendre une semaine que l'eau se retire pour pouvoir enfin sortir de la haveli
attendre la nouvelle connexion internet
attendre que l'eau chauffe pour se doucher
attendre que le soir tombe pour bénéficier d'un peu de fraîcheur
attendre les touristes
attendre les invités
...

Attente qui, peu à peu, se transforme en plaisir d'"avoir le temps"
enfin
malgré quelques moments d'impatience plus forts que moi
l'attente s'est révélée salutaire.

A quoi bon s'énerver ?

Smile, please !

Shooting At The Taj Mahal, May 2008, Agra, Uttar Pradesh, India


Le Taj Mahal, inscrit en 1983 au Patrimoine Mondial de l'Humanité, est devenu l'un des monuments les plus visités en Inde.

Les touristes de tous horizons se pressent pour découvrir ce joyau de l'architecture moghole. Les Indiens ne sont pas en reste et le Taj Mahal fait l'objet d'un véritable "pélérinage" culturel.

C'est là l'occasion pour une population contrastée de se retrouver autour d'un passé commun et d'admirer la richesse culturelle d'un pays à l'histoire mouvementée. Un véritable emblème de l'Inde.

Ce jour-là, un groupe de touristes indiens prend la pose devant l'objectif. J'en profite pour immortaliser les femmes sagement assises en tailleur, drapées dans les couleurs vives de leurs sarees.

Madonna indiana

Mother & Child, July 2008, NLP Haveli, Fatehpur, Rajasthan, India


Dans la lumière douce du soir
Le lien ineffable qui unit la mère à l'enfant.