Slumdog Millionaire - 2
Ca y est !
J'ai enfin vu ce film - déjà phénomène - récompensé à multiples reprises dans de nombreux festivals à travers le monde.
Il est intéressant de constater, d'ailleurs, que Slumdog Millionaire a rencontré dans l'ensemble, un succès critique et populaire assez net en Occident comme en Inde, ce qui constituait un pari délicat à gagner.
D'autant plus délicat que c'est un anglais qui porte à l'écran ce roman de l'écrivain et diplomate indien Vikas Swarup.
Malgré des problèmes de rythme, de construction et de cohérence (certaines scènes se répètent ou s'étirent, on regrette d'autres passages traités de façon trop elliptique...), il faut bien reconnaître à ce film une réelle fraîcheur, directement liée à l'enthousiasme dont fait preuve Danny Boyle pour son sujet.
On sent qu'il s'est réellement laissé porté par le rythme de l'Inde et de Mumbaï en particulier. A travers son regard, on perçoit en permanence celui du voyageur occidental plongé dans la découverte d'un nouvel univers.
C'est sans doute là que le film pèche : en voulant montrer, en l'espace de deux petites heures, l'Inde toute entière, dans ses paradoxes et sa complexité, on a parfois l'impression d'être pris en otage par certains clichés battus et rebattus au sujet de l'Inde : misère, règlements de comptes entre musulmans et hindous, enfants mutilés et prostitués, délinquance puis banditisme...
Néanmoins, on ne peut que saluer l'effort louable de réunir Inde et Occident le temps d'un film. La durée du film elle-même est emblématique de cette volonté : atteindre la "barre fatidique" des 2 heures, c'est se rapprocher des formats "bollywood", tout en épargnant le public occidental, davantage habitué à des projections standard d'1h30/ 1h40.
De même, bien que la seconde partie du film laisse la part belle à l'anglais, quel plaisir d'entendre des dialogues en Hindi! C'est trop rare pour ne pas l'apprécier à sa juste valeur...
Mais le film doit également beaucoup à son casting, plutôt réussi. Outre le plaisir de retrouver l'excellent Anil Kapoor dans une production étrangère, le jeune Dev Patel se montre tout à fait convaincant dans le rôle de Jamal, à qui il prête toute sa candeur. Sans parler des jeunes acteurs qui incarnent les héros enfants, qui sont plus qu'ils ne jouent. On regrette cependant le manque d'envergure du personnage de Latika, qui ne parvient pas vraiment à percer derrière les traits lisses et doux de Freida Pinto.
Mention spéciale, pour finir, à la B.O. , qui porte largement le film et lui confère une belle énergie. Là aussi, on souligne le choix assumé de promouvoir des artistes anglais d'origine indienne ; si le compositeur n'est autre que le talentueux A.R.Rahman (il a composé entre autres la B.O. d'Elizabeth, l'Âge d'Or, fresque historique de Shekhar Kapur), on y retrouve avec plaisir quelques morceaux de M.I.A., qui avait fait sensation en 2003 avec son single Galang.
En somme, je ne peux que vous conseiller d'aller voir ce film qui, au-delà d'une certaine superficialité , est doté d'une sincérité indéniable, sans doute sa plus grande qualité.

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