Amritsar ou le rêve occidental
Malgré mon esprit de contradiction qui m'avait préparée à profiter de la ville - en effet, mon guide stipulait qu'Amritsar était triste à mourir et ne présentait aucun intérêt en dehors du Temple d'Or - j'ai dû me rendre à l'évidence, après avoir arpenté ses rues : Amritsar ne suscitait rien en moi, si ce n'est une furieuse envie d'échapper à ses artères mornes, bruyantes et encombrées en me réfugiant dans la quiétude émanant du ... Temple d'Or !
C'est là que j'ai rencontré successivement Harpreet et Keiran, deux jeunes indiens qui ne se connaissent pas mais qui partagent une fascination commune pour l'Occident.
Fascination qui les a conduits à nous aborder.
Harpreet, étudie à Amritsar où elle vit chez sa tante. Son rêve est de partir à l'étranger, plus précisément en Europe, c'est pourquoi elle souhaite rejoindre un institut privé afin d'améliorer son anglais. Elle est extrêmement excitée de parler à des étrangers et me laisse son adresse. Je devine que ce n'est pas la première ni la dernière fois que la scène se répète, jusqu'au jour où ...
Quant à Keiran, il est encore au lycée. Son anglais prend de fortes intonnations américaines, tant il modèle sa façon de parler sur celle des joueurs de la NBA. Car Keiran fait partie de ces Indiens qui ne vibrent pas au rythme des balles lancées au cricket - le sport national - mais à celui des ballons de basket. Ce qui n'est d'ailleurs pas une surprise car il traverse ce qu'on pourrait appeler une crise "nationale". D'un côté, il rejette en bloc son pays, de l'autre, il l'érige en modèle. Lui aussi rêve de se barrer. Et pourquoi pas l'Europe? Il nous dit que son frère étudie en France...
Haut les coeurs !
Il n'y a qu'à leur souhaiter d'avoir la possibilité de voyager afin de trouver leur propre voie...
Et c'est Lao-Tseu qui l'a dit.
0 comments:
Post a Comment