De passage à Bikaner ou Comment devenir parano en Inde - leçon #1

Je commence à l'envers puisqu'il s'agit d'une anecdote qui s'est déroulée à la fin de mon séjour.
Mais ça me plaît de remonter le temps de cette manière.
Nous sommes donc le 12 juillet.
Marie, ma soeur, et moi arrivons à la fin du périple qui nous a conduites à travers le Rajasthan. Le lendemain, nous partons pour Fatehpur, c'est le grand retour à la haveli après 3 semaines. Nous nous sommes donné rendez-vous là-bas avec Gisèle et Ingrid, pour l'anniversaire d'Aftab, le 13.

Nous nous promenons tranquillement ; j'essaie de retrouver le chemin de la vieille ville. Car je suis déjà venue ici, au début du mois de mars, lors de mes premières vacances en solitaire.

Un jeune garçon aborde Marie. Je n'y prête pas attention, du moins au début. Finalement, il s'avère sympathique et nous décidons de nous retrouver après notre visite du fort.

Quelque temps plus tard, nous voilà attablés autour d'un café à l'indienne (avec beaucoup de lait, des épices et du sucre).
Et c'est là que la parano s'empare de moi lorsque Salim nous révèle qu'il me connaît, qu'il ma déjà vue. Il me dit où et quand, que j'étais avec un jeune indien - en fait, un guide que j'avais croisé par hasard. Il va même jusqu'à me décrire la façon dont j'étais habillée.
Bouffée d'angoisse.
De courte durée, heureusement. Je relativise : je suis blanche, je voyageais seule et étais donc repérable à des kilomètres à la ronde.
Pourtant, ma première visite a eu lieu près de 5 mois auparavant, et de plus, en pleine saison touristique. Je n'étais donc pas la seule blanche à Bikaner à ce moment-là!
Je ne peux pas m'empêcher, avec ma mentalité d'européenne, de penser qu'il doit sacrément s'ennuyer pour se souvenir d'une chose aussi insignifiante.

Ce n'est pas la première fois que je me sens impuissante à me fondre dans la masse - Big Brother n'est pas loin!
Néanmoins, cette anecdote reçoit la première place dans mon palmarès personnel de la psychose paranoïaque.

To Be Continued ...

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