Une Histoire Belle et Triste
New Delhi, le 18 juillet 2008.
Jour de mon départ.
Je me promène.
Suddenly, a voice in the street :
"The weather is very hot today"
Cette façon de m'aborder, un peu ringarde et inattendue
- on est loin du "where are you from" -
me fait tourner la tête.
Ce jeune indien est sympathique, un peu timide.
Nous échangeons quelques phrases.
Il m'invite à boire un café.
La tasse vidée, nous décidons d'aller faire un tour aux Lodi Gardens,
car j'ai un peu de temps devant moi.
J'affectionne particulièrement ce jardin calme et ses mausolées imposants,
vides.
La fraîcheur de l'herbe sous les arbres, où nous nous installons,
me procure une agréable sensation de bien-être.
On frôle les 50 degrés.
Et là, de fil en aiguille, j'ai droit à une confession belle et triste,
qui confirme mon opinion sur la société indienne.
Ansar - puisque c'est son nom - me raconte son aventure
avec une touriste française plus âgée que lui, sa découverte de la sexualité,
leur (trop) courte "idylle" et son incapacité à "tourner la page".
Cinq ans après.
Ses mots sont crus, sa narration si spontanée que je ne sais que lui répondre
de vraiment approprié...
Mais, il n'y a rien à répondre, juste à écouter.
Ecouter cette histoire qu'il ne peut révéler à personne, si ce n'est à une étrangère comme moi, au statut "bâtard" à ces yeux.
Dans le rickshaw qui me ramène à Connaught Place,
nous échangeons nos numéros de téléphone, nous serrons la main.
Je descends.
Je me sens libre et impuissante.
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