Du Rififi chez les Roots...

... Quand l'anecdote ferait un court-métrage amusant.


Dharamsala, juin 2008.

Ville refuge du gouvernement tibétain en exil et du Dalaï-Lama, Dharamsala est devenue le repaire de tous ces gens qui cherchent un sens à leur vie, ou militent pour "un autre monde".
Portant bien souvent des dread[locks] et des vêtements dépareillés, nous les avons surnommés les Roots - car c'est un état d'esprit qu'ils semblent revendiquer. Ok, c'est odieux mais j'assume.

Quand nous arrivons à Mac Leod Ganj avec JB, les Roots sont en pleine effervescence. Eh oui, c'est le moment où de grandes manifestations ont lieu en Europe en faveur du Tibet à l'occasion des Jeux Olympiques de Pékin.
Autant dire que les T-shirts "Free Tibet" pullulent.

Un soir alors que nous nous apprêtons à dormir (les rues de Mac Leod Ganj sont désertes même avant 23h, heure du couvre-feu tacite qui règne dans la ville), une voix s'élève dans l'obscurité.
Je crois rêver mais la mélodie se précise. Je demande à JB s'il entend quelque chose.
Non, nous ne sommes pas fous. Il y a bien quelqu'un qui joue une chanson de Radiohead en s'accompagnant à la guitare.

La voix chevrotante :

I'm a creeeeeeeeeeeeeeeeeeeeep
I'm a weirdoooooooooooooooooo
What the hell am I doin' here ??


Nous explosons de rire. C'est pour ainsi dire tellement "cliché".

Le chanteur poursuit quelques instants, quand soudain, nous entendons un homme hurler (en hindi?).
Nous ne comprenons pas, mais nous devinons qu'il s'agit d'un "ta gueule!" bien énergique.
Effectivement, le Roots a pris peur et nous ne l'entendons plus de toute la nuit.

Courageux mais pas téméraire.

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